Mercredi, le Musée du Jeu Vidéo ouvrait ses portes au grand public, installé aux côtés
du Musée de l'Informatique sur le toit de l'Arche de la Défense à Paris. Après le succès de l'exposition "Retrogaming : 30 ans de jeux vidéos", le projet,
longtemps porté par l'association MO5, a vu le jour sous l'impulsion du Ministère de la Culture et de la Communication et de nombreux sponsors.
Exposant près de 200 pièces, le lieu a pour objectif de retracer les grandes lignes de la culture et de l'histoire vidéoludique.
Il est encore difficile de trancher sur une date de naissance du jeu vidéo. On peut évoquer 1958, année où le scientifique américain William Higinbotham présente "Tennis for two" qui, sur un oscilloscope, permet de jouer. Cependant la date la plus communément admise pour la naissance du jeu vidéo est 1962. Un groupe d'universitaires du MIT, menés par Steeve Russel, crée le tout premier jeu sur ordinateur intitulé "Spacewar". Dès lors, la machine s'accélère et on voit apparaitre en 1971 la première borne d'arcade, puis en 1972 le fameux "Pong" qui permet au jeu vidéo de développer son caractère addictif, qui fait aujourd'hui son succès. Ralph Baer quant à lui met au point la même année la première console de jeu vidéo: l'Odyssey. C'est en 1983 qu'à lieu la conversion qui a fait que le jeu vidéo s'est tourné vers le pays du soleil levant. L'industrie vidéoludique jusqu'alors exclusivement américaine subit une crise et migre vers le Japon. La Nintendo NES voit le jour et avec elle "Super Mario Bros" en 1985 qui finit de tracer les codes actuels du jeu vidéo.
Avec la démocratisation du jeu vidéo et son ouverture à toutes les tranches d'âge grâce à la politique "casual gamer" de Nintendo, entre autres, la vision péjorative du jeu vidéo s'est estompée tandis qu'elle s'ouvrait vers d'autres publics. La création de ce musée répond à la fois à une demande des joueurs de la première heure qui souhaitent partager cette culture avec leur progéniture mais aussi des plus jeunes ou des plus âgés qui souhaitent désormais découvrir cet univers. En retraçant toute l'épopée de l'aventure vidéoludique, les premiers supports, les premières images et gameplay, le lien se fait entre ceux qui entrent aujourd'hui dans cette culture et ceux qui ont baigné dedans depuis le début. Le monde du jeu vidéo a su s'ouvrir pour désormais atteindre un chiffre d'affaire supérieur à celui de l'industrie cinématographique et est à la quête de la respectabilité qui lui est due. Ce musée est un pas de plus vers ce but.
La série américaine "Lie to me" va se faire une place en prime time le 29 avril sur M6. Le pitch :
"Le Dr Cal Lightman est un scientifique spécialisé dans la détection du mensonge. Qui que vous soyez, il sait si vous dites ou non la vérité... Véritable
détecteur de mensonges fait homme, il sait décrypter sur un visage, dans une attitude ou au son d'une voix, la fausseté et le secret. Cette extraordinaire aptitude l'aide tout particulièrement
dans les enquêtes criminelles qu'il résout au sein de son agence de détectives privés." Au lieu de faire une critique ou donner un avis sur le jeu de
Tim Roth, le scénario parfois abracadabrantesque de la série ou même les limites de l'analyse de contenu et de la communication non verbale, je souhaite vous faire part d'une
observation sur le schéma du héros dans la fiction américaine.
Au pays du super héros de comics, le héros de fiction se doit de posséder des capacités hors du commun. Ce qui est intéressant de noter est que ces capacités sont tributaires de l'environnement dans lequel le héros éclot. Quand à une époque, le héros était le meilleur tireur de l'Ouest, ou alors un gars balèze génétiquement modifié, ces dernières années on a vu apparaître un nouveau glissement du héros: le super scientifique. Fini la testostérone, de nos jours le super-héros se doit d'être intelligent et de posséder dans son domaine des compétences inégalées. Gregory House, Simon Baker, Gil Grissom, Dexter Morgan, Adrien Monk... et la liste peut encore s'allonger, sont les représentants de la nouvelle vague du super héros de fiction dont fait partie Cal Lightman.
Fini donc les gros bras! Les personnages cités plus haut sont à peu près tous peu doués pour ce qui est de l'exercice physique, et l'évitent si ceux-ci ne souffrent pas d'un handicap. Par contre, entre l'expert en taches de sang, le diagnosticien de génie ou même le mentaliste à succès, ces personnages ont pour trait commun le développement à outrance de leurs capacité intellectuelles. D'ailleurs, cette passion obsessionnelle (qui a dit geek?) pour un sujet particulier a fait de ces hommes des solitaires, voire des misanthropes, ce qui est en parfaite adéquation avec l'image d'épinal du super héros solitaire et privé de romance.
Ce qui saute également aux yeux et que comme la caste des super-héros, les femmes restent très peu représentées. On pourrait citer Temperance Brennan de la série "Bones" qui fait équipe avec un agent tout ce qu'il y a de plus viril pour pouvoir prétendre au titre de super héroïne. Elle confirme également tous les critères cités plus haut. Cette photo empruntée au site IGN me semble fort à propos avec une Brennan déguisée en Wonder Woman et Booth caricaturant le scientifique.
Les femmes très spécialisées restent en second plan comme Abby Sciuto dans "NCIS" ou son homologue Garcia dans "Esprits Criminels", mais avec une culture télévisuelle limitée, il se peut que je sois passé à côté de super héroïnes, n'hésitez pas à m'en faire part! Par contre cette rareté correspond toujours avec la faible représentation du sexe dit faible chez les super-héros...
Les héros virils sont encore présents et ont encore de beaux jours devant eux, mais ce glissement n'est pas pour me déplaire et j'en appelle aux geeks et "autistes" de tous poils à revendiquer leur statut de super-héros! C'est pas moi qui le dit c'est la télé! Et pour vous, les super héros vous les préférez avec ou sans supplément testostérone?
Mardi avait lieu
le colloque sur la neutralité du net organisé par l'Arcep. Ce sujet a déjà
été abordé dans ces pages lors de la cassation par la justice aux Etats Unis d'une sanction portée par l'équivalent de l'Arcep (FCC) envers le FAI Comcast
au nom de la neutralité du net. Le principe de neutralité est simple: il s'agit de garantir une liberté d'accès à l'information en dépit du contenu. Idéalement les
acteurs du réseau doivent rester neutre face au contenu, c'est le principe de base de ce concept.
Ce colloque se déroulait donc avec en toile de fond cette décision de justice, mais aussi les diverses ébauches d'outils de filtrage mis en place dans le cadre d'HADOPI. Nous allons essayer de dégager les principaux axes évoqués lors de ce colloque le plus simplement possible. Dans un premier temps, nous aborderons l'aspect technique du colloque avec l'évolution probable de la forme du contenu des abonnements internet fixe et mobile puis dans un second temps, jusqu'où le respect des droits commerciaux peut repousser l'article 11 des droits de l'Homme concernant la libre circulation des idées.
Techniquement, il se dégage deux problématiques concernant à la fois l'internet fixe et l'internet mobile. Avec la multiplication des offres 3G et le surf sur mobile, le réseau est au bord de la saturation. Les opérateurs ont déjà mis en place les fameuses limites de l'illimité (vitesse de surf réduite après une certaine quantité de données échangées) et sont désormais tentés de limiter l'accès aux services gourmands en bande passante comme les vidéos en ligne de Youtube ou Dailymotion, pour ne citer qu'eux. Filant la métaphore de "l'autoroute" de Tim Wu reprise par Nathalie Kosciusko-Morizet, Nicolas Curien, de l'Arcep, déclare à ce sujet que "comme sur l'autoroute, il faut réguler le trafic sur Internet pour empêcher les bouchons [...] Mais on ne comprendrait pas qu'une société d'autoroute bloque les voitures bleues ou les voitures d'une certaine marque." C'est cependant déjà le cas quand on sait que la voix sur Ip est pour l'instant bloquée sur les réseaux mobiles ainsi que les logiciels de peer-to-peer. Il conviendrait alors de ne plus parler d'un Internet pour les réseaux mobiles mais plus d'accepter le concept du minitel 2.0, modèle rassurant et permettant un meilleur contrôle commercial.
L'internet fixe n'est pas non plus exempt de sujets d'achoppement. Sous couvert de la pression fiscale subie par les opérateurs, des offres Premium sont sur le point de voir le jour, tirant vers le haut le prix des abonnements. Si aujourd'hui tout le monde semble d'accord pour ne pas prioriser dans le trafic de l'information un partenaire commercial des FAI, l'idée fait cependant son chemin notamment chez Free avec l'annonce de Maxime Lombardini, président de Free, souhaitant facturer certains des services les plus utilisés "se comptant sur les doigts des deux mains"... Voit-on poindre un accès premium "streaming", ou alors un accès "hébergement", ou "téléchargement" l'avenir seul nous le dira. Loin de ce "danger citoyen", on s'oriente plus vers la sélection des protocoles ou type de service dans la veine de ce qui se passe entre Apple et Adobe.
Pour finir, avec les enseignements de ce colloque, nous allons aborder le sujet déchaînant les foules, j'ai nommé Hadopi. Entre Jean Musitelli qui annonce qu'Hadopi va enrichir la neutralité et les fameux ACTA et LOPPSI, il s'agit d'humblement démêler les notions. "L'intervention de la loi Hadopi devrait garantir l'exercice d'une neutralité ni laxiste ni intrusive et va donc concourir à enrichir le contenu de cette notion", cette déclaration du conseiller d'état membre de l'Hadopi peut laisser perplexe quand on essaie de s'imaginer une neutralité qui pourrait être laxiste ou intrusive... La contorsion va bon train quand celui-ci ajoute que "passer d'une culture du laisser-aller, à une culture de la régulation avec des opérateurs qui appliquent de bonne foi les obligations qu'ils ont prises". L'appel à la collaboration des FAI est à peine voilée et le grand écart entre la neutralité et la régulation de belle facture.
Ce colloque aura donc permis de mettre en avant l'aspect technique de la neutralité déjà mis à mal, par ailleurs il se pourrait que l'assemblée puisse légiférer sur le sujet. Le problème reste finalement dans le grand écart entre le droit d'accès aux idées assuré par les droits de l'Homme et en même temps satisfaire les intérêts économiques des ayant-droits et des opérateurs.
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Le succès
commercial de l'Ipad n'est plus à démontrer et Google
en est bien conscient. Toujours dans les traces de la firme de Cupertino,
l'homologue de Mountain View, par le biais de son PDG Eric
Schmidt, a confirmé la sortie prochaine d'un appareil concurrent à la tablette Apple. Les propos rapportés par le New York
Times et repris par nombreux sites spécialisés ont été recueillis lors d'une soirée à Los Angeles.
Après le Nexus One, empiétant directement dans la chasse gardée d'Apple, la tablette tactile imaginée par Google embarquerait le système d'exploitation Android en lieu et place du futur Chrome OS et serait, comme le google phone, assemblée par HTC. Des ingénieurs participant au projet auraient, par ailleurs, confirmé l'existence d'expérimentations réalisées avec plusieurs éditeurs afin de mettre en place un catalogue complet de livres, revues et d'autres médias, le tout dans le secret le plus total.
D'après Numérama, l'appareil serait cependant plus orienté multimédia comme son modèle l'Ipad, s'éloignant ainsi du Kindle d'Amazon. On retrouve donc la triade Apple-Amazon-Google sur le marché de l'édition en ligne et ceci ne risque pas d'être une bonne nouvelle concernant les prix de l'édition numérique. Du côté d'Apple, la concurrence se met en place et avec le Slate d'HP qui se précise et maintenant Google qui confirme sa stratégie orientée vers le matériel après avoir dominé le marché immatériel avec leur moteur de recherche.
"Nous ne sommes pas allés sur le marché de la recherche. Ils sont venus sur le marché de la téléphonie. Soyez assurés qu'ils veulent tuer l'Iphone. Nous n'allons pas les laisser faire" Steeve Jobs pourra rajouter l'Ipad à ses propos. Le charismatique patron d'Apple semble de plus en plus sur les nerfs après l'irruption de Google et les piques dirigées contre le concurrent de Mountain View deviennent de plus en plus courantes. Espérons que la nervosité apparente et la concurrence acharnée que se livrent les deux géants accouchent de produits de qualité!
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