Les limites du journalisme d'investigation?

Publié le par Guild

 

Publier ou ne pas publierUne polémique enfle autour, une nouvelle fois, de la transmission d'informations recueillies lors d'une enquête sur les réseaux pédo-pornographiques. Après le coup de filet réalisé à Tremblay peu avant la diffusion d'un reportage sur TF1, c'est un enquêteur de l'émission produite par CAPA, "Les Infiltrés" qui remet ses conclusions d'enquête aux forces de l'ordre.

Se faisant passer pendant un an pour une fillette de 12 ans, ce journaliste a permis l'arrestation de 23 personnes en France et au Quebec. Hervé Chabalier, patron de l'agence CAPA, rappelle les risques encourus en cas de complicité d'atteintes sexuelles infligées à un mineur pour justifier l'acte du journaliste. Cependant la loi prévoit également la protection des sources des journalistes.

Cas de conscience atroce, témoin des dangers encourus par les mineurs, et des échanges entres présumés pédophiles, le journaliste met en avant l'accomplissement de son devoir de citoyen. L'avis n'est évidemment pas partagé au sein de la corporation au nom de l'indépendance de la presse et de la bonne exécution de son rôle, le devoir de journaliste n'est pas celui d'enquêter pour l'exécutif.

Basculons sur un aspect plus personnel, le sujet l'appelle. Il m'est impossible sur une information de ce genre d'être catégorique. D'un côté, et dans le climat et l'actualité de ces derniers jours, rester de marbre face à la bassesse de la nature humaine me semble impossible. On pourrait par ailleurs cyniquement penser que cette action n'a été ni commandée par la peur de la loi ni la morale, mais plus par une volonté de se prémunir de critiques possibles suite au reportage en prenant en compte les scandales des prêtres pédophiles qui se succèdent. Une loi du silence brisée pour une autre.

D'un autre côté, le journaliste peut-il se permettre sortir de son rôle de témoin objectif de la société et se muer en délateur? Cet acte et ce glissement peut nous rappeler les heures les plus sombres de l'histoire européenne ou le quotidien des républiques "bananières". Devant la gravité de la situation, le journaliste a-t-il le droit de retrouver son statut de citoyen lambda? Comme je vous le dis, je ne saurais être catégorique, bien que de tempérament sanguin, je sois plus enclin à féliciter cet acte.

N'hésitez pas à en débattre ici.

 

Publié dans Société

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