La 3D au ciné, pour ou contre?

Publié le par Guild

lunettes3Dsmall.jpgC'est après la lecture d'un article paru sur le site de Gizmodo, également traduit par Cyril, membre du staff de Nolife, sur son blog, que je me suis penché sur le bien fondé et l'apport réel de la 3D au cinéma. Le fond et la qualité cinématographique des oeuvres mises à part, le questionnement est légitime.

Dans cet article, un "directeur des effets spéciaux", ou plutôt quelqu'un qui se présente comme tel sous le pseudonyme d'Alexander Murphy, traite la plupart des nouvelles productions en 3D d'impostures techniques. La plupart car il fait aujourd'hui le distingo entre les films tournés dans l'optique d'une distribution 3D, comme l'était "Avatar" de James Cameron, et ceux qui sont "transformés" après tournage comme par exemple "Alice au pays des merveilles" de Tim Burton.

Le postulat tient dans le fait qu'à la fois la technologie de tournage et celle de distribution ne sont encore pas au point et suffisamment maîtrisées pour devenir moins coûteuses. Pour obtenir un effet 3D convenable, il nous est expliqué que les équipes techniques et les caméras doivent être doublées au tournage, ce qui par conséquent double les coûts de production pour en arriver au coût faramineux de, par exemple, 460 millions de dollars pour "Avatar". La solution de mettre en place la 3D en post-production est par contre moins coûteuse, mais de qualité moindre étant donné que les divers objets apparaissant à l'écran sont mis en relief, mais pas en relief eux-même.

L'autre soucis provient de la distribution. Spectateur ébloui lors de ma séance 3D du film de Cameron, je me suis tout de même senti obligé, à de nombreuses reprises, d'enlever ces énormes lunettes (que j'avais posé sur mes propres lunettes de vue). Enormes lunettes, dans un état moyen, qui pour un billet à plus de 12 euros, auraient pu être de meilleure facture ou même renouvelées plus souvent, passons... Donc en enlevant mes lunettes à plusieurs reprises, j'ai trouvé flagrant, tout comme l'auteur de l'article, la perte incroyable de luminosité perçue. Du point de vue du spectateur, la technologie reste très améliorable sur ce point.

Annonçant au CTIA - The Wireless Association, que la 3D est finalement le meilleur moyen de lutter contre le piratage, James Cameron n'a-t-il pas donné la clé de l'engouement pour la production 3D. Avec des films difficilement, voire impossible à pirater tout en gardant la qualité nécessaire à une vision en 3D, et les équipements nécessaires, le spectateur se voit donc imposer une sorte de DRM (Digital Rights Management) positive qui l'éloignera des sirènes du gratuit illégal, responsable de tous les maux de l'industrie de la culture. La réponse au piratage par la qualité, plutôt que par le répressif, j'adhère... Cependant, rappelons que le cinéma en France ne s'est jamais aussi bien porté en 2009 avec 200 millions d'entrées, soit 5% de plus que 2008.

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