Besson contre Guillon, quand la cour de récré reprend ses droits!

Publié le par Guild

Il va y avoir du sport!Ca va faire une semaine que le sujet revient dans la presse avec en filigrane les propos récurrents sur les limites de l'humour ou de la caricature. A l'origine de ce pataquès, l'on trouve une des fameuses chronique de Stéphane Guillon, habitué des convocation au tribunal pour diffamation. S'en prenant à Eric Besson, ancien député PS désormais Ministre du gouvernement Sarkozy et Secrétaire général adjoint de l'UMP, l'humoriste le dépeint en "Mata-Hari de la politique française" à la solde du Front National, s'en prend à son physique de "taupe" et l'imagine reporter à Jean Maire Le Pen avec émotion son premier envoi de charter.

La réaction ne se fait pas attendre puisqu'elle intervient après la chronique de Guillon, le Ministre de la République réclamant en Live la tête de l'humoriste officiant à la radio publique. Il n'en fallait pas plus pour provoquer une levée de bouclier de la part de grandes figures de la satire et de dénoncer l'ingérence du Ministre dans la gestion du média publique présumé libre et indépendant. La manoeuvre semble être fine car la position de Stéphane Guillon est quelque peu fragilisée au sein de la sphère dirigeante de Radio France, et le non-renouvellement ou le renvoi de celui-ci semble désormais très périlleux.

Un semaine après les faits, Eric Besson se fend aujourd'hui dans les colonnes de Libération d'une attaque en ordre des propos et de la méthode Stéphane Guillon qualifiant ses propos de "
[...]facho, mal mal déguisés sous un look bobo et une vulgate supposée gaucho". Pour le Ministre de l'Immigration, l'humoriste est un "acteur raté" et un "lâche tenaillé par la peur physique de croiser ses cibles au sortir des studios"... A en croire qu'Eric Besson attend au détour d'une ruelle Stéphane Guillon armé d'une batte de baseball cloutée prêt à défendre son honneur bafoué dans un splendidissime et très diplomatique : "C'est çui qui dit qui est, tu vas voir, je tarte ta gueule à la récré!"

Là où Stéphane Guillon adopte la position d'un humoriste satirique et où il peut, dans ce contexte et uniquement celui-ci, se permettre de caricaturer dans les limites qui lui semblent raisonnable qui il veut, les propos d'Eric Besson tiennent plus du retour de bâton voire même de l'agression verbale étant donné que le mandat de Besson n'est en rien Ministre chargé de l'Humour et de la Satire. Homme politique élu, cette réaction est, je trouve, grave dans le cadre de sa fonction.

Pour référence et clore ce billet, je souhaite finalement citer quelques passage des sketches de Coluche intitulés "La Politique (en politique on est 'achement balèze)" et "Votez nul"... Loin de moi l'idée de comparer Guillon à Coluche, je voulais simplement situer le niveau de la satire en parallèle à des propos acceptés et appréciés aujourd'hui.

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Oh non, y en a des bons hein... Comment il s'appelle l'handicapé mental... Avec l'entonnoir... Michel Debré! En voila qu'est balèze hein, tout fripé. Bein c'est le pinard, ça attaque hein."
"
Ah on en a des bien. On a le benêt... le benêt, Lecanuet pardon. Mais lui [...] il est pas fini Lecanuet, hein... Enfin, on sent qu'il y a de la place dedans, on pourrait y habiter à plusieurs"
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Chirac, "un nouveau Pétain pour la France""

 

Publié dans Société

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Dernhelm 30/03/2010 12:01


Je suis parfaitement d'accord avec toi. Guillon fait son "boulot" d'humoriste, tandis que la réaction de Besson est celle d'un enfant capricieux piqué au vif. Surement parce ce que ce que dit
Guillon n'est pas faux : oui il a trahi le PS, oui son débat sur l'identité national sentait le souffre et le FN.
Quand je vois les propos de Coluche je me dis, non pas que les humoristes sont moins libres, mais que les hommes politiques sont sacrement plus con qu'avant.
Et ça me fait peur !!


Guild 30/03/2010 14:42


Selon moi, ils sont pas forcément plus cons qu'avant, ils sont seulement restés à ce "avant".
Le monde est beaucoup plus petit, et l'info se balade à une vitesse folle... Certains ont su prendre les devants d'autre sont coincés dans la politique du siècle dernier. Pour ces dernier ça reste
vertigineux.

Cela n'excuse en rien sinon la réaction de Besson, comme je le dit, il sort de sa position d'homme public au service du peuple et ça c'est grave.